Les manipulateurs ne sont pas toujours ceux que l'on pense !

Sur France 3 Nouvelle Aquitaine, dans "9h50 le matin" : La
manipulation au quotidien
, de Christophe Carré.
Ouvrage passionnant sur les clés de la manipulation. Où l'on découvre que
les manipulateurs ne sont pas toujours ceux que l'on pense ! Une chronique signée
Bob Garcia.

Comment répondre aux mensonges des enfants ?

Les mensonges des enfants préoccupent les parents. Ils se posent beaucoup de questions éducatives qui s’accompagnent souvent de doute et de culpabilité de leur part. L’enfant est l’objet de toutes leurs attentions, c’est vrai, il l’est aussi de leurs inquiétudes. Pourquoi mon enfant se comporte-t-il de la sorte avec moi ? Pourquoi ne me dit-il pas la vérité ? Qu’est-ce que ce mensonge veut dire ? Qu’est-ce j’ai fait de mal ? Il me ment souvent, est-ce qu’il a un problème psychologique ? Dois-je consulter un spécialiste ? Ils ne font plus beaucoup confiance à leur bon sens. Il faut dire qu’ils ont beaucoup d’attentes vis à vis de leurs enfants et qu’ils sont abreuvés d’informations souvent contradictoires sur ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire pour être un bon parent. Du coup ils se sentent un peu désemparés. Ils ont tendance à minimiser les problèmes et de se contenter d’un « c’est pas bien de mentir » avant de passer à autre chose. Ou alors ils dramatisent le mensonge : « tu te rends compte, c’est gravissime de mentir à sa maman, je ne pourrai plus jamais avoir confiance en toi. »

Le mensonge est normal chez les plus jeunes

Certaines personnes considèrent que les enfants d’aujourd’hui mentent plus qu’autrefois. Or il est impossible de répondre à cette question sans émettre un parti-pris ou un sentiment personnel qui ne pourraient reposer que sur une impression. Franchement Il n’existe à ma connaissance aucune étude scientifique sérieuse permettant de dire si oui ou non les enfants mentent aujourd’hui plus qu’autrefois. Je crois qu’ils ont toujours menti et qu’ils mentiront toujours. D’ailleurs, la plupart des spécialistes s’accordent à dire que les petits mensonges du jeune enfant jusqu’à 5-6 ans représentent une phase de sa construction. Ils font partie de son développement : l’enfant invente des choses, il transforme la réalité , il joue, prend des rôles et s’invente des histoires. La frontière entre le réel et l’imaginaire n’est pas très claire dans son esprit. Ces petits mensonges sont facilement identifiables et il serait regrettable que le parent leur accorde une importance excessive C’est plus tard, vers l’âge de 7 ans, que l’enfant parvient à faire la part des choses et qu’il va utiliser le mensonge pour tromper. Alors, si le mensonge devient une pratique courante de l’enfant, le parent va devoir s’intéresser à cette question et éclaircir un certain nombre de points. Mais pas n’importe comment.


Agir plutôt que réagir

Quand ils se rendent compte que leur enfant leur a menti, certains parents réagissent à la façon du taureau qui fonce tête baissée dans le drap rouge qu’on agite devant lui. C’est rarement, selon moi, une bonne solution parce que cela va trop vite : on ne réfléchit pas, on ne comprend pas, on se contracte, on crie, on se fâche, on punit et, au final, on ne fait guère avancer les choses. La première des choses est de changer de regard sur l’enfant et d’arrêter de considérer qu’il est un petit « pervers polymorphe » cruel et tout-puissant qu’il faut dompter pour éviter de se faire bouffer par lui ; cesser de croire qu’il ment pour prendre le pouvoir sur nous. Cette invention de la psychanalyse fait des ravages depuis plus d’un siècle. Il serait à mon avis raisonnable à présent de changer de lunettes.
Ensuite, en tant que parent nous pouvons considérer que le mensonge est, en lui-même, un moment de vérité, qu’il a un sens et une fonction, qu’il nous « dit » quelque chose et qu’il sert à quelque chose. Un enfant peut mentir pour différentes raisons : simplement pour voir l’effet que cela fait, pour plaisanter, par plaisir de mentir et de transformer la réalité, parce qu’il a fait une bêtise et qu’il redoute les conséquences s’il dit la vérité. La peur, la honte et la culpabilité font souvent le lit du mensonge. Certains enfants mentent aussi parce qu’ils ont une piètre estime d’eux-mêmes et que le mensonge leur permet de montrer qu’ils sont forts, habiles, courageux : « un grand a essayé d’embêter ma petite sœur, je me suis approché en roulant les mécaniques, tu verrais comme il a détalé ! » Parfois ce que le parent considère comme un mensonge n’est qu’un simple décalage de perception : par exemple l’enfant a considéré qu’un événement était sans importance et il n’en a pas faire part à son parent alors qu’il s’agit de quelque chose de grave aux yeux ce dernier. Cette omission peut être considérée par le parent comme un mensonge alors qu’elle n’en est pas un.
Quoiqu’il en soit, ne passez pas sur le mensonge, ne faites pas comme s’il n’existait pas, comme s’il était secondaire. Abordez-le sereinement avec l’enfant. Le mensonge est toujours une réponse, souvent intelligente, à une situation qui pose problème à l’enfant. Et il faut bien comprendre qu’un enfant qui ment cherche à se protéger lui-même, bien sûr, mais peut-être aussi à épargner son parent, à éviter de le mettre en souci ou de lui faire de la peine. Donc regardons le mensonge pour ce qu’il est et pour ce qu’il dit, sans le considérer systématiquement comme un problème majeur.

Ton nez s’allonge

Le dialogue avec l’enfant est nécessaire pour l’aider à sortir du mensonge. Mais un dialogue utile, constructif, aidant, avec une écoute réelle, sincère et sans jugement. Si l’enfant ment, c’est parce qu’il ignore la différence entre l’imaginaire et la réalité, qu’il méconnaît la frontière entre le bien et le mal ou qu’il n’a pas encore trouvé d’autre moyen pour régler une difficulté. Il est important de l’aider à avancer pour trouver d’autres attitudes et d’autres comportements. Dès que vous le jugez ou que vous imposez quelque chose par la contrainte ou par la force, vous avez déjà perdu. Si vous dites « tu m’as menti, tu seras puni ! » ou « tu es méchant, c’est pour cela que tu mens à longueur de journée », vous avez certes de bonnes intentions, vous voulez que l’enfant change, mais cela ne fonctionne pas. Le problème est que beaucoup de parents fonctionnent la plupart du temps avec leurs habitudes et leurs automatismes. C’est plus simple, plus économique et cela leur évite d’aller plus au fond des choses, mais finalement cela ne règle rien. Changer ses habitudes nécessite un engagement et de l’attention de la part de l’adulte, cela prend du temps.
Pour que l’enfant puisse sortir du mensonge, il faut qu’il soit en confiance avec son parent, qu’il n’ait pas peur. Sinon il va tenir tête et persister dans son mensonge, même si celui-ci est gros comme une maison. Montrez à l’enfant que vous entendez sa difficulté, qu’il ne lui sert à rien de vous cacher la vérité. Dites par exemple : « je comprends que tu aurais préféré que les choses se passent autrement parce que cela te fait beaucoup de peine d’avoir rayé la voiture en passant avec ton vélo, je suis sûr que tu ne l’as pas fait exprès... », au lieu de dire « ton nez s’allonge, tu me dis que c’est le chien avec ses griffes, tu es en train de me prendre pour un dindon. »
Chaque fois que c’est possible, réfléchissez avec l’enfant à des solutions possibles au problème : « comment est-ce que nous pouvons réparer cette bêtise ? Est-ce que tu as une idée ? » Et profitez-en pour explorer d’autres façons de procéder avec l’enfant : « j’ai confiance en toi et je sais que tu utilises ce moyen parce que tu n’as pas trouvé d’autre solution. Comment pourrais-tu faire la prochaine fois que tu rencontreras un problème de ce genre ? De quelle façon pourrais-tu me dire les choses sans être obligé de me raconter une histoire ? » Expliquez-lui pourquoi il est important pour vous de connaître la vérité, que c’est nécessaire pour maintenir la confiance entre vous, que c’est plus important que la réalité qu’il veut vous dissimuler.
Par la suite chaque fois que l’enfant vous dira la vérité, alors qu’il aurait été plus simple pour lui de faire autrement pour échapper à un problème, dites-lui combien vous êtes sensible à son honnêteté et à sa franchise. Souvent, les parents oublient de valoriser les comportements qu’ils considèrent comme normaux ou allant de soi, alors que les enfants sont très touchés quand ils reçoivent ce genre de message.

L’obsession de la vérité

Nous vivons à une époque schizophrénique dans laquelle les valeurs d’authenticité, de loyauté, de vérité et de transparence dans les relations sont érigées en valeurs suprêmes, tandis que toute la société ou presque fonctionne dans un registre parfaitement opposé. Nous voudrions des enfants parfaits dans un monde qui ne l’est pas, des enfants qui disent la vérité, toute la vérité, rien que la vérité dans un monde menteur. Il y a quelque chose qui ne colle pas là-dedans. Bien entendu, je ne dis pas qu’il faille inculquer à nos jeunes le mensonge, la duperie ou l’insincérité comme principes de vie, mais je crois que nous gagnerons à lâcher du lest sur ces questions. Le mensonge n’est pas systématiquement diabolique et la vérité toujours bonne à dire. Tout est question de contexte et d’appréciation personnelle. Les enfants ont, comme nous, besoin de cette soupape du mensonge dans certaines situations. N’exigeons pas d’eux la vérité totale et absolue en toutes circonstances.
Les parents peuvent aider leurs enfants à développer leur sens de la vérité en étant eux-mêmes vrais, loyaux, sincères et authentiques. Cela va peut-être vous surprendre, mais les parents attendent souvent de l’enfant des valeurs, des attitudes et des comportements qu’ils ne portent pas eux-mêmes. Or les enfants fonctionnent beaucoup sur le registre de l’imitation. Si vous dites par exemple à votre jeune : « il ne faut pas raconter à maman que nous avons cassé ses plantes en jouant au ballon sinon elle ne vas pas être contente, on dira que c’est le vent... » vous ne montrez pas le bon chemin. C’est anecdotique, mais les enfants ne sont pas dupes.
Le mensonge est aussi une occasion d’apprendre à ne plus mentir, saisissons-le comme un outil d’apprentissage. Voilà comment nous parviendrons à obtenir que nos enfants n’usent du mensonge qu’en cas d’absolue nécessité.

A PARAITRE EN NOVEMBRE 2017 AUX ÉDITIONS EYROLLES : Caprice, chantage, mensonge... Que faire avec un enfant qui vousmanipule ?, Christophe Carré



J’en ai marre des étiquettes, pas vous ?

Je n’ai pas trop l’habitude de raconter des histoires personnelles sauf quand elles peuvent nourrir une réflexion. Alors voilà. Quand je me suis séparé de mon ex-compagne, il y a quelques années, je me suis retrouvé avec la sympathique étiquette de « pervers narcissique », comme une vache imbécile avec un numéro agrafé à l’oreille. Certaines personnes qui me connaissaient se sont mis à changer de trottoir pour éviter de me croiser et d’avoir à me parler. On ne sait jamais, peut-être que j’étais victime d’une maladie contagieuse. Mes enfants ont naturellement été informés de ce diagnostic péremptoire et inquiétés. Je suis passé à deux doigts d’une enquête sociale ! C’est loin, cela fait partie des réjouissances liées aux séparations conflictuelles. Cette évaluation me concernant était, je l’ai découvert ensuite, le fait de l'avocate de mon ex, une spécialiste du genre, qui préfère les hommes en nature morte, sans doute à cause d’une histoire personnelle qui la regarde. En tout cas, cette dame a la réputation de faire pisser le sang en audience, et tous les types de la région dont les épouses se font représenter par cette professionnelle de la charcuterie se mettent à genoux et pleurent à chaudes larmes quand ils apprennent la triste nouvelle. Et tous se retrouvent immanquablement avec cette estampille de pervers narcissique. Ils sont plusieurs à me l’avoir confié. C’est tellement grotesque que j’en ris aujourd’hui.

Pourquoi cette introduction ? Parce que je suis fatigué de ces étiquettes qui prolifèrent comme des punaises de lit : manipulateur, bipolaire, pervers narcissique, maniaque, obsessionnel compulsif,  borderline, hyperactif, dépressif, agressif, impulsif, colérique, violent, surdoué, asocial, dyslexique, dyspraxique, dysphorique, provocateur, TDAH, que ce soit dans l’entreprise, à l’école ou dans les familles, nul n’échappe à ces litanies de diagnostics et de nosographies. Comme si tous les comportements et difficultés relationnelles étaient systématiquement des pathologies relevant d’un traitement médical.  Certes il est parfois utile de parvenir à mettre des mots sur les choses, il est sécurisant de se dire que l’on vit dans un monde séparé entre les gens normaux et ceux qui déconnent, et que ces derniers sont identifiés comme tels, que ce sont des malades contre lesquels il faut lutter, se battre s’affirmer, ou fuir. Pour les victimes ou prétendues telles, cela donne du sens. Mais il y a un mais : tout cela ne se fait pas sans dégâts majeurs.

Nous vivons dans un monde d’évaluation et d’étiquetage avec une tendance prononcée à la psychologisation des relations et des comportements, un monde dans lequel les autres sont systématiquement doubles, troubles, pervers et potentiellement dangereux. Du coup, imbibés par ces discours psychologisants, les gens s’alarment, ils se méfient, ils veulent des relations totalement sécurisées, prévisibles, transparentes. C’est un leurre absolu de croire que cela peut exister et les gens qui véhiculent cette idéologie sont des esprits totalitaires, des individus dangereux à qui tout le monde accorde le plus grand crédit parce qu’ils font le siège des médias avec leurs concepts fumeux et leur obsession du tout pathologique

Il y a plus de vingt que je travaille dans ce domaine et que je publie des ouvrages sur les difficultés relationnelles, les conflits, les jeux de pouvoir et la manipulation. Il y a quelques semaines, j’expliquais paisiblement ce point de vue sur les réseaux sociaux et une personne m’a volé dans les plumes, références à l’appui,  en m’affirmant que ce discours était typiquement celui d’un pervers narcissique, ce que j’étais sans doute à ses yeux, alors qu’elle ne me connaît ni d’Ève ni d’Adam. Mince elle m’avait démasqué !
Alors aujourd’hui je voudrais lui dédier ce court extrait tiré de L’Homme relationnel de Jean-Jacques Wittezaele. Il s’adresse également à tous les gens qui persistent à coller des étiquettes sur leurs pairs. « Mettre une étiquette sur quelqu’un, c’est le définir, le réduire à des caractéristiques générales et déprécier ses particularités individuelles, c’est le priver de sa liberté et le rendre impuissant, car c’est aussi l’obliger à accepter qu’il n’a pas le contrôle sur sa propre vie puisqu’il est limité aux caractéristiques prévues par l’étiquette. Étiqueter quelqu’un, c’est prendre le pouvoir sur lui de manière unilatérale en ne lui laissant que la possibilité de valider le label. »

Arrêtez de prendre le pouvoir sur moi sans mon accord et gardez vos étiquettes afin de réfléchir à ce qu’elles racontent sur vous.

Savez-vous qui est pour vous le plus dangereux des manipulateurs ?

Aujourd’hui je vais vous dévoiler l’identité de l’individu qui est sans doute, pour vous, le plus grand des manipulateurs. Et je pense que cette découverte va vraiment vous surprendre.
Voici un fait divers qui remonte au début des années 1950. L’histoire se passe dans une gare, en Angleterre. Un employé des chemins de fer, chargé du nettoyage des trains, entre dans un wagon réfrigéré pour contrôler le chargement. Un de ses collègues passe sur le quai. Il voit la porte du wagon ouverte. Il ne s’inquiète pas de savoir s’il y a quelqu’un à l’intérieur. Il referme la porte. Dedans, l’autre est paniqué. A moins 20 degrés. Il pense qu’il ne va pas tenir très longtemps. Il réagit tout de suite en criant et en tapant à coups de poings et de pieds contre la paroi isotherme. Mais malheureusement pour lui, il y a beaucoup de bruit dans cette gare de marchandise. Son collègue est déjà passé au contrôle du wagon suivant.
Un quart d’heure plus tard, le train démarre. Le voyage dure plusieurs heures et, à l’arrivée, l’employé est évidemment retrouvé mort, congelé dans un coin du wagon. Son corps, examiné par les médecins, présente tous les symptômes d’un décès par hypothermie. Mais voilà le plus fort de l’histoire : à la gare de départ, un technicien avait signalé à son chef de district, que le compresseur du wagon était en panne. En réalité, la température à l’intérieur de la chambre froide tournait autour de 18 °C, il n’y avait donc absolument aucune raison pour que l’employé meure de froid. C’est son mental qui l’a tué.


Vous allez me dire quel est le rapport avec la manipulation ? Et bien, dans cette histoire, l’homme s’est lui-même manipulé, sans le savoir, sans en avoir conscience. C’est ce que j’appelle de l’auto-manipulation. Il l’a fait avec le résultat que l’on connaît, parce qu'il s'est imaginé qu'il allait mourir de froid. Vous remarquerez qu'il aurait pu tout aussi bien s’imaginer dans un pays chaud sur une plage, sous les cocotiers, et programmer consciemment une issue moins tragique. Dans ce cas, il ne faisait pas de l’auto-manipulation mais de l’autosuggestion, qui peut être considérée comme le pendant positif de l’auto-manipulation.
Je suis toujours incroyablement surpris par des événements comme ceux-là. Les pouvoirs du mental et de la suggestion sont extrêmement puissants. Ils peuvent nous permettre de faire de grandes choses ou au contraire nous conduire sur de fausses pistes et bloquer notre conscience. Alors nous allons tourner en rond, persister dans des comportements qui ne nous apportent pas ce que nous voulons. Et plus nous allons faire toujours plus de la même chose, plus nous allons obtenir toujours plus des mêmes résultats qui ne nous conviennent pas...
Comme l’histoire des deux Dupondt dans l’album de tintin au pays de l’or noir. Les Dupondt sont perdus dans le désert au volant d’une Jeep. Ils roulent depuis des heures en cherchant désespérément à rejoindre une piste pour se rendre à la ville la plus proche. Enfin, ils aperçoivent des traces de pneus dans le sable. Les voilà rassurés : un véhicule est passé par là... ils sont sur la bonne voie… Ils poursuivent leur route et une deuxième trace de pneus apparaît, puis une troisième, une quatrième, etc. Ils sont proches du but et convaincus d’avoir trouvé une importante voie de communication ; apparemment, cette route est très fréquentée. Jusqu’à ce qu’ils trouvent un jerrycan d’essence sur la piste. Pas de chance pour le pauvre type qui l’a perdu ! Mais une chance pour eux, parce qu’ils découvrent qu’ils ont précisément perdu le leur… En réalité, les Dupondt tournent en rond depuis des heures, sur leurs propres traces qui s’accumulent au fil des rotations. En ayant acquis la conviction d’être sur une route importante, ils ont persisté dans une mauvaise voie...

Les choses vont se passer de la même manière quand c’est une autre personne qui vous manipule : soit vous restez en pilotage automatique et ce sont votre subconscient, vos automatismes, vos modèles d’attachement, vos habitudes, vos croyances et vos raccourcis de pensée qui vont diriger la barque, soit vous débrayez votre pilote automatique et vous passez en mode conscient. Dans ce cas, c’est vous qui tenez le gouvernail. C’est un peu plus épuisant parce que c’est une pratique qui utilise les circuits longs du cerveau, tandis que les conditionnements automatiques utilisent les circuits courts qui vont plus vite et qui sont plus économiques. Cela nécessite un sens de l’observation, de la lucidité, une capacité à percevoir ses ressentis, une bonne connaissance de ses besoins. Cela demande également de savoir affirmer son point de vue et de ne pas avoir peur d’exprimer les choses. Mais au final, c’est payant.



Il faut bien comprendre que quand une personne vous manipule, elle va toujours chercher chez vous la catégorie de conditionnement automatique qui va lui permettre de vous manipuler. Et elle va actionner précisément le levier qui convient pour que ça marche et sans même que vous vous en rendiez compte. Remarquez que cette personne fait rarement ça de façon consciente parce que les manipulateurs stratégiques sont rares, en tout cas dans l’environnement de monsieur tout le monde. Si on parle des affaires commerciales, diplomatiques, militaires, politiques, ou si on regarde comment fonctionnent les stratégies marketing, c’est autre chose. Là, la manipulation est savamment orchestrée. Mais la plupart du temps, la personne qui manipule ne s’en rend même pas compte...

Alors , si vous voulez jouer au jeu de la poule et de l’œuf, vous allez sûrement me dire ceci : s’il n’y avait pas de manipulateur, je ne me ferais pas avoir, je ne passerais pas sans arrêt pour la bonne poire. A quoi je vous répondrais : si vous n’étiez pas manipulable, il n’y aurait pas de manipulateur. La manipulation n’est pas seulement le fait du « manipulateur », elle est aussi portée par la personne qui subit la manipulation. C’est la raison pour laquelle ma question de départ est un peu facétieuse : qui est, pour vous, le plus grand des manipulateurs ? Vous avez sans doute trouvé la réponse : c’est vous ! Dans toute manipulation, le premier des manipulateurs, c’est vous. C’est vous-même qui créez  votre propre malheur, vous-même qui entretenez les mêmes schémas toxiques qui vous pourrissent la vie. Je sais que c’est une pilule un peu dure à avaler, mais c’est à mon avis la seule attitude constructive pour agir sans tomber dans le piège facile de la victimisation.


Caprice, chantage, mensonge… que faire avec un enfant qui vous manipule ?

Caprice, chantage, négociation permanente, mensonge, colère... Un enfant qui manipule ses parents ou ses proches le fait parce qu’il souhaite obtenir quelque chose d’eux, de façon détournée, ou parce qu’il préfère éviter les conséquences de certains de ses actes. Cette attitude est souvent motivée par la peur. L’enfant n’ose pas ou ignore comment exprimer clairement ses ressentis, ses besoins et ses demandes, alors il manipule. Face aux manipulations de leurs enfants, les parents sont déstabilisés et leurs réactions ne font souvent qu’attiser les problèmes. Ce livre leur permettra de mieux comprendre ce qui se joue dans les relations qu’ils entretiennent avec leurs enfants, petits ou grands, et de clarifier les raisons qui poussent ces derniers à les manipuler. Il leur donnera les clés pour repérer les manipulations afin de les désamorcer, mais aussi pour penser autrement les comportements de leurs enfants et changer leur regard sur eux. Ils développeront leurs compétences pour agir avec efficacité, reprendre confiance dans leurs capacités parentales et accompagner leurs enfants sur le chemin de la responsabilité et de l’autonomie.

Caprice, chantage, mensonge… que faire avec un enfant qui vous manipule ?

Un ouvrage de Christophe Carré
A paraître le 9 novembre 2017 aux Éditions Eyrolles
 

La manipulation au quotidien, la repérer, la déjouer et en faire bon usage, paru chez Eyrolles

Un article de Karine Fléjo consacré à mon ouvrage La manipulation au quotidien, la repérer, la déjouer et en faire bon usage qui vient de paraître chez Eyrolles. Publié dans les chroniques de Koryfée.
(Cliquez sur l'image pour lire l'article.)


https://leschroniquesdekoryfee.wordpress.com/2017/07/10/la-manipulation-au-quotidien-christophe-carre-eyrolles-edifiant/

Oser le langage du cœur

Dernier épisode de la série consacrée à l'amour. Après la définition de l'amour, les conflits qui touchent les relations amoureuses, comment parler le langage du cœur ?

Ce qui menace la relation amoureuse

Prendre le pouvoir sur l'autre, le juger, croire que l'on sait tout de lui, être indifférent, etc. Dans cette deuxième émission de La vie est un art, sur RCF je dresse la liste de ce qui menace la relation amoureuse.

Il ne s'agit pas de prôner un amour lisse et sans secousses au pays des bisounours. L'amour durable et authentique n'est pas un navire serein sur un océan d'huile. Dans mon livre "Aimer sans violence" (éd. Eyrolles), je décris "quatre dragons noirs" qui menacent la relation amoureuse.



L'amour apaisé : intimité, passion et engagement.

Écoutez la première émission d'une série de 3 que j'ai enregistrées pour La vie est un art sur RCF

Les philosophes grecs qui s'intéressaient de près à l'amour en distinguaient pas moins d'une dizaine de formes différentes dont six principaux types : Eros ou l'amour passion, Ludus ou l'amour par jeu, Storge ou l'amour affection, Pragma, l'amour raisonnable et Agapé ou l'amour désintéressé. Quel est votre style amoureux ?
Christophe Carré  vous donne avec simplicité et clarté des indices pour décrypter les mystères de l'amour ! Les trois pôles de l'amour sont: l'intimité, la passion et l'engagement.

Les dates de diffusion sur RCF

1/3 le lundi 24 avril à 22h et le jeudi 27 avril à 13h30

2/3 le lundi 1 mai à 22h et le jeudi 4 mai à 13h30

3/3 le lundi 8 mai à 22h et le jeudi 11 mai à 13h30.