50 exercices pour résoudre les conflits sans violence, un précieux outil pour les formateurs

50 exercices - répartis en quatre sections - qui ont inspiré un grand nombre de formateurs. Ils permettent d'apprendre à résoudre les conflits sans faire appel à la violence. A travers tests de personnalité, études de cas, QCM, exercices à trous et techniques à expérimenter en dehors du livre, le lecteur apprendra à :
  1. évaluer sa façon habituelle de réagir face aux conflits,
  2. identifier les causes et les mécanismes d'un conflit,
  3. désamorcer les conflits dans le calme et la transparence en appliquant les techniques de la communication non violente,
  4. développer ses qualités relationnelles, son assertivité, son écoute, son empathie pour mieux gérer les face-à-face conflictuels.

L’enfer c’est les autres : l’histoire d’une mystification

« L’enfer c’est les autres ! », qui n’a pas entendu ou prononcé cette sentence cinglante ? Qui peut prétendre qu’elle n’influence pas nos relations avec les autres, dans un monde ou toute difficulté relationnelle est aujourd’hui presque systématiquement médicalisée et répertoriée ? Et pourtant... Pourtant beaucoup de gens ignorent que cette sentence maléfique est le fruit d’une mystification que certains profs de philo se sont empressés de répandre dans leurs classes mutatis mutandis, souvent sans remise en contexte ou analyse contradictoire.

« Tous ces regards qui me mangent… (Il se retourne brusquement.) Ha, vous n’êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit.) Alors, c’est ça l’enfer. Je n’aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah ! Quelle plaisanterie. Pas de besoin de gril : l’enfer c’est les autres. »

Les petites chirurgies proverbiales procèdent par sélection, extraction et généralisation avant d’être exportées. Elles fonctionnent souvent comme des miroirs déformants et donnent lieu à de sérieux contresens. A propos de cet « enfer c’est les autres », Sartre se voit dans la nécessité de préciser ses intentions dans un enregistrement sur disque réalisé par la Deutsche Grammophon Gesellschaft en 1965 :

« C’est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l’autre ne peut être que l’enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont, au fond, ce qu’il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. [...] Nous nous jugeons avec les moyens que les autres ont, nous ont donné de nous juger. Quoi que je dise sur moi, toujours le jugement d’autrui entre dedans. Ce qui veut dire que, si mes rapports sont mauvais, je me mets dans la totale dépendance d’autrui. Et alors en effet je suis en enfer. Et il existe quantité de gens qui est en enfer parce qu’ils dépendent trop du jugement d’autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu’on ne puisse avoir d’autres rapports avec les autres. Ça marque simplement l’importance capitale de tous les autres pour chacun de nous. »

Voilà donc la morale de l’histoire : les autres ne sont pas l’enfer par principe et ils peuvent même devenir un paradis. Car c’est la qualité des relations que nous avons avec eux qui détermine notre équilibre et notre bien-être personnels. Quand on a de mauvaises relations, nous vivons l’enfer, non pas parce que nos congénères nous pourrissent la vie, mais parce qu’ils sont nos miroirs. C’est à travers eux que nous pouvons apprendre à mieux nous connaître... Ou perdre confiance. Si leurs jugements à notre égard sont négatifs, dégradants, ils impactent inévitablement nos propres jugements sur nous-mêmes et créent une dépendance qui nous fait souffrir, surtout si nous n’envisageons pas de changer nos relations avec eux. Les relations sociales ont une incidence majeure sur le bien-être et la santé. Quand le souci de soi cohabite harmonieusement avec le souci des autres, quand les gens acceptent de se découvrir, sans inquiétude, mais avec une certaine curiosité de la rencontre et de ses mystères, alors ils peuvent développer des relations authentiques et pacifiées, fondées sur la confiance et le respect. Alors ils sont en mesure de réussir en coopérant et en se confrontant, sans chercher à prendre le pouvoir ou à s’anéantir. Et si le bonheur c’était les autres ?


Le paradis ? C'est l'autre !

Un article de "Pleine Vie" consacré à mon ouvrage Et si le bonheur c'était les autres ? qui vient de paraître aux éditions Larousse...


Et moi, et moi, et toi ?

Un article de "Psychologie positive" consacré à mon ouvrage Et si le bonheur c'était les autres ? qui vient de paraître aux éditions Larousse...


Nul n'est une île


Pouvons-nous vivre heureux, dans notre petite sphère de bonheur privé, à l’écart du monde et des autres ? Pouvons-nous vraiment nous sentir bien quand nos proches sont malades ou malheureux ? Pouvons-nous ressentir un état de bien-être quand nos relations avec eux sont dégradées ? Contrairement à ce que nous sommes culturellement amenés à penser, les autres ne sont ni des loups, ni l'enfer ; en tout cas, pas tous les autres, loin s’en faut...

De nombreuses recherches universitaires démontrent que la qualité des relations que nous entretenons avec les gens qui nous sont proches influence, notre sentiment de bien-être, notre santé et notre longévité. Alors qui sont ces autres qui nous font du bien, pourquoi avons-nous besoin de leur présence et comment les cercles vertueux de la bienveillance, de la gratitude, de l'empathie, de la gentillesse et de l'altruisme se nourrissent-ils - comme des feux - de leurs propres flammes ?

 Le philosophe Gaston Bachelard disait : "c'est la relation qui illumine l'être" tandis que la société cynique dans laquelle nous vivons nie l’altérité en nous martelant que nous sommes notre meilleur ami, que les autres sont tous, à des degrés divers, des prédateurs pervers ou dangereux pour notre croissance personnelle, qu'au-delà de nous, il n'existe point de salut, que la plus belle relation que l'on puisse avoir, c'est avec soi-même. Comme si les autres ne participaient pas, dès nos premières secondes d'existence, à notre croissance et à notre équilibre...



Nul n'est une île. L'ennemi absolu est le sentiment fou de se croire exceptionnel à l'écart du monde et des autres. Et si le bonheur c’était les autres ? Bonne année à tous !

Il existe un rapport étroit entre la qualité des relations que les gens entretiennent avec leurs proches et leur santé, leur longévité et leur bien-être...

Depuis une vingtaine d’années, plusieurs expériences conduites dans un cadre universitaire aux États-Unis ont mis en lumière un rapport étroit entre la qualité des relations que les gens entretiennent avec leurs proches, leurs amis, leurs familles et leur santé, leur longévité et leur bien-être. Nous avons besoin des autres, en tout cas de ceux qui nous veulent et nous font du bien... Et contribuer à leur bien-être nous procure du bien-être. C'est un cercle vertueux ! Tout le monde a sans doute connu cette expérience : faire un geste, soutenir, aider quelqu'un, l'accueillir avec bienveillance lui montrer de la gratitude, toutes ces attitudes nous apportent beaucoup à titre personnel




Nous vivons dans une société cynique

Nous vivons dans une société cynique qui fait de l'autre un moyen pour le ramener à soi, pour l'instrumentaliser. Une société de prédateurs qui vont chercher à l'extérieur, ce qui leur fait défaut en dedans. Dans ce paysage où l'adversité règne en maître, l'empathie, la gratitude, l'altruisme, l'attention, la gentillesse, la sollicitude, l'attention, la reconnaissance, la compréhension sont conçus comme des marques de faiblesse. Alors qu'ils sont au contraire des forces qui font autant de bien à celui qui les reçoit qu'à celui qui les exerce...







Et si le bonheur c'était les autres ? dans Femmes d'Aujourd'hui Belgique




L'histoire des porcs-épics pour comprendre l’un des paradoxes de la vie en communauté et les difficultés relationnelles entre les gens

Connaissez-vous les porcs-épics ? Ce sont des rongeurs d’une quinzaine de kilos, plutôt solitaires, complètement myopes, et dont la vie sociale se limite aux activités reproductives. Ils ont la particularité de se dresser sur leurs pattes arrières, comme les ours, et d’être équipés de piquants qui les protègent des prédateurs et qui sont beaucoup longs que ceux des hérissons. Les porcs-épics vivent dans des régions chaudes ou tempérées. Alors imaginez que, par un plaisir un peu sadique vous déplaciez une famille de porcs-épics dans une contrée glaciaire. Qu’allez-vous observer ? Comme ils ont froid et qu’ils ne sont pas habitués à ça, les porcs épics vont se serrer les uns contre les autres afin de se protéger en partageant leur chaleur réciproque. Mais vous imaginez bien qu’en se rapprochant, ils vont ressentir la douleur des aiguilles de leurs congénères qui pénètrent à l’intérieur de leur chair. Et sans doute qu’ils n’auront même pas conscience de les embrocher eux aussi. Alors comme ils ont mal, ils vont s’écarter les uns des autres pour faire cesser cette souffrance. Mais la bise souffle, le froid redouble et les oblige à se rapprocher de nouveau. Alors les animaux poursuivent ce jeu de yo-yo, ballottés d’un côté entre le plaisir de la présence et de la chaleur de l'autre, et de l’autre, la souffrance provoquée par sa proximité. Jusqu’à ce qu’ils arrivent à trouver la juste distance qui leur permette, à la fois de partager un peu de chaleur, tout en évitant de se piquer mutuellement. Bien sûr la solution n’est pas parfaite, la chaleur n’est pas terrible mais la distance apporte la fin de la sensation pénible. C’est toujours ça !


Transposée à la vie en société, cette petite histoire illustre bien l’un des paradoxes de la vie en communauté et des difficultés relationnelles entre les gens. Parce que nous avons besoin de faire société, d’appartenir à un groupe, de recevoir des marques d’attention et des signes de reconnaissance, d’être aimé. Les autres sont comme une boucle qui nous permet de revenir à nous-même. Bien sûr nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne. Chez certaines personnes la présence et le regard des autres sont indispensables, tandis que pour d’autres, l’éloignement et la solitude, sont moins angoissants.
Mais, dans le même mouvement, nos congénères représentent aussi une forme de danger parce qu’ils peuvent tenter de nous influencer, de prendre le pouvoir sur nous, de nous pousser à agir contre notre volonté, convoiter nos biens, voire nous déposséder de ce que nous sommes. Nous pouvons devenir dépendants d’eux et de leur chaleur, donc avoir à supporter leurs aiguilles. Et parfois ça fait très mal.

Pas facile n’est-ce pas ? Je pense que tout le monde se retrouve un peu dans ce flottement entre désir d’intimité et recherche d’autonomie ? Il y a là un équilibre à trouver, une respiration à prendre, dans laquelle chacun apporte sa présence et sa richesse à l’autre, mais sans sacrifier ce qu’il est, sans se fondre dans l’autre.